Boris Johnson annonce avoir signé un accord avec Kigali pour envoyer des demandeurs d’asile au Rwanda

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Le Premier ministre britannique Boris Johnson à l'aéroport de Lydd dans le Kent le 14 avril 2022.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a décidé de durcir la politique migratoire britannique, prenant une décision pour le moins controversée. Le Royaume-Uni a annoncé jeudi 14 avril son intention d’envoyer des demandeurs d’asile arrivés illégalement au Rwanda, espérant dissuader les traversées clandestines de la Manche, qui se multiplient.

Ce projet, susceptible de s’appliquer à toutes les personnes entrées illégalement sur le territoire, d’où qu’elles viennent (Iran, Syrie, Erythrée, etc.), a suscité des réactions scandalisées. Des organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé son “inhumanité”. L’opposition a jugé que le Premier ministre tentait de détourner l’attention après l’amende qu’il a reçue pour une fête d’anniversaire en plein confinement. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), pour sa part, a exprimé « sa forte opposition » :

« Les personnes qui fuient la guerre, les conflits et la persécution méritent compassion et empathie. Ils ne doivent pas être commercialisés comme des marchandises et transférés à l’étranger pour y être transformés. »

Un projet à 144 millions d’euros

Alors que M. Johnson avait promis de contrôler l’immigration, l’un des enjeux clés de la campagne du Brexit, le nombre de traversées illégales de la Manche a triplé en 2021, année marquée notamment par la mort de vingt-sept personnes dans un naufrage fin novembre. . Londres reproche régulièrement à Paris de ne pas en faire assez pour empêcher les traversées.

” Désormais (…), toute personne entrant illégalement au Royaume-Uni ainsi que ceux qui sont arrivés illégalement depuis le 1est Janvier peut maintenant être transféré au Rwanda », a annoncé le chef de file conservateur dans une allocution dans le Kent (sud-est de l’Angleterre). Le Rwanda pourra accueillir “des dizaines de milliers de personnes dans les années à venir”a-t-il ajouté, décrivant le pays d’Afrique de l’Est comme l’un des “le plus sûr du monde, reconnu dans le monde entier pour son bilan d’accueil et d’intégration des migrants”.

Selon l’accord annoncé jeudi, Londres financera dans un premier temps l’appareil à hauteur de 144 millions d’euros. Le gouvernement rwandais a précisé qu’il proposerait la possibilité “s’installer définitivement au Rwanda [à ces personnes si elles] souhaiter “.

Désireux de regagner en popularité avant les élections locales du mois prochain, M. Johnson et son gouvernement cherchent depuis des mois à conclure des accords avec des pays tiers où envoyer des immigrants illégaux en attendant de traiter leurs dossiers.

Le contrôle de la Manche confié à la marine

“Notre compassion est peut-être infinie, mais notre capacité à aider les gens ne l’est pas”a déclaré M. Johnson, qui anticipe des contestations judiciaires contre l’appareil. “Ceux qui tentent d’éviter la file d’attente ou abusent de notre système n’auront pas de voie automatique pour s’installer dans notre pays mais seront renvoyés rapidement et humainement vers un pays tiers sûr ou leur pays d’origine”il ajouta.

Les migrants arrivant au Royaume-Uni ne seront plus hébergés dans des hôtels, mais dans des centres d’accueil, comme ceux qui existent en Grèce, avec un premier centre “ouverture prochaine”a annoncé M. Johnson.

Dans le cadre de ce plan, qui vient compléter une vaste loi sur l’immigration actuellement au Parlement et déjà critiquée par les Nations unies (ONU), le gouvernement confie jeudi le contrôle des traversées illégales de la Manche à la marine. , équipé d’équipements supplémentaires. En revanche, il renonce à son projet de repousser les bateaux entrant dans les eaux britanniques, mesure décriée côté français.

Les ONG outrées

En envoyant des demandeurs d’asile à plus de 6.000 kilomètres du Royaume-Uni, Londres veut décourager les candidats à l’immigration, toujours plus nombreux : 28.500 personnes ont effectué ces traversées périlleuses en 2021, contre 8.466 en 2020, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. .

Amnesty International critiquée “une idée scandaleusement mal conçue” qui “provoquera des souffrances tout en gaspillant d’énormes sommes d’argent public”soulignant également la “Lamentable bilan des droits de l’homme” du Rwanda.

Daniel Sohege, directeur de l’organisation de défense des droits humains Stand For All, a déclaré à l’Agence France-Presse que l’initiative du gouvernement était “inhumain, peu pratique et très coûteux”recommander plutôt l’ouverture de voies d’entrée au Royaume-Uni “plus sûr” parce que ceux qui existent sont “très limité”.

Le Monde et l’AFP

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