[Chronique] – Le sommet du Néguev laisse présager des changements qualitatifs majeurs

[Chronique] – Le sommet du Néguev laisse présager des changements qualitatifs majeurs

Par Dr. Salem Alketbi*

Le récent sommet du Néguev, où le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid a rencontré ses homologues Cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale des Émirats arabes unis, Sameh Shoukry, ministre des Affaires étrangères de l’Égypte, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères Affaires étrangères du Maroc, et Abdullatif Zayani, ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, en présence du secrétaire d’État américain Anthony Blinken, mérite une grande attention. Anthony Blinken, secrétaire d’État américain, mérite la grande attention qu’elle a reçue dans le contexte de grande inquiétude internationale concernant les développements et les conséquences de la crise ukrainienne.

Le sommet du Néguev peut déjà être qualifié de réunion historique, comme l’a appelé Israël, ou de «moment historique», comme l’a décrit Son Altesse Cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan. Il y a plusieurs angles à cela. D’une part, c’est la première fois que des responsables arabes de haut rang se rencontrent en Israël.

D’autre part, le sommet, auquel ont participé des représentants d’un certain nombre de pays arabes ayant des liens avec Israël, reflète l’efficacité des accords d’Abraham dans la création d’un nouveau climat dans les relations régionales entre Israël et ses voisins arabes. Certains observateurs y voient la pierre angulaire d’un nouvel ordre régional.

Cette description est très réaliste si l’on considère la perspective de surmonter les tensions qui ont déjà assombri les relations arabo-israéliennes et d’ouvrir une nouvelle page basée sur la coopération et le dialogue pour faire face aux défis et menaces communs. Ces changements qualitatifs sont perçus par certains comme une alliance de sécurité ou une « mini-OTAN » contre l’Iran.

Cependant, je pense personnellement qu’il n’est pas nécessaire de s’attarder sur la conceptualisation de cette situation de coopération pour la simple raison que l’environnement régional actuel n’est pas encore prêt à créer un cadre institutionnel pour une organisation de sécurité qui inclurait à la fois les Arabes et Israël.

D’autre part, je crois que le sommet et la coordination et la coopération qui suivront entre les pays arabes et Israël marqueront le début d’une nouvelle ère dans les relations entre les deux parties. Ce n’est pas une tâche facile.

Ses implications vont au-delà de la question de l’alliance sécuritaire, car une coopération mutuelle qui couvre tous les domaines est plus importante que toute alliance réduite à l’aspect sécuritaire ou militaire, et crée plus stable, plus fort et plus durable.

En bref, la construction de relations étroites et fondées sur les intérêts assure une paix et une stabilité réelles, par opposition à toute tendance à une alliance qui pourrait prendre fin lorsque sa raison d’être n’existe plus. C’est très important non seulement pour les peuples du Moyen-Orient, mais aussi pour favoriser un environnement propice au développement et à la construction.

Elle importe également par rapport aux besoins de transformation de l’ordre mondial.

Ces besoins poussent les États vers l’autonomie ou vers des accords régionaux qui évitent un vide de pouvoir stratégique dû à l’évolution des priorités des grandes puissances, et vers une nouvelle phase préfigurant une nouvelle carte géostratégique du monde basée sur les résultats des conflits. échanges directs et indirects entre les grandes puissances.

Dans ce contexte, je ne comprends pas pourquoi certains observateurs arabes résistent à qualifier ce sommet d’historique. Il ne s’agit pas d’attacher une grande importance aux relations avec Israël, même si elles le sont. Mais cette caractérisation se réfère principalement aux transformations en cours – et pas à autre chose.

C’est maintenant une caractérisation objective qui correspond à ce qui s’est passé. Un autre point, cependant, est que certains disent que la participation de ministres arabes à une réunion en territoire palestinien est une reconnaissance de l’occupation.

Elle n’est que l’expression d’une rhétorique populiste qui n’a fait que générer des contrecoups et faire perdre du temps, la réalité géopolitique étant connue de tous. Au dire de tous, cette expression n’a pas changé au cours de la dernière période d’hostilité arabo-israélienne.

Il faut maintenant chercher des alternatives et trouver une troisième manière de traiter avec le voisin afin de créer l’atmosphère d’une solution politique juste qui mettra fin à la tragédie du peuple palestinien, loin de la surenchère et des chamailleries. Certains disent aussi qu’Israël a réussi à mobiliser les Arabes pour faire face à une menace qui le concerne au premier chef. C’est ridicule.

Chacun dans notre région sait que la menace en question n’est pas propre à Israël. Les capitales arabes que les Iraniens se vantent d’occuper en sont la preuve. Il y a aussi les attaques par des armes sectaires pro-iraniennes contre des installations et des villes clés en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

Les preuves abondent. Ces affirmations ne sont donc rien d’autre qu’une sorte de tromperie pour chatouiller les émotions et jouer avec les sentiments des gens ordinaires. La menace est réelle et dirigée contre plusieurs acteurs régionaux et internationaux.

Il est naturel que ceux qui perçoivent cette menace unissent maintenant leurs forces pour coordonner leurs actions et relever les défis.

* Politologue émirati et ancien candidat au Conseil national fédéral

Article19.ma

Leave a Reply

Your email address will not be published.