Comme beIN Sports et Canal+, Free attaque la LFP sur les droits de la Ligue 1

Après être au sport et Canal+, Libre s’invite dans l’interminable feuilleton juridique du contrat des droits audiovisuels de la Ligue 1, période 2020-2024. Selon nos informations, l’opérateur a assigné la Ligue de football professionnel devant la Cour de justice de Paris le 15 mars, afin d’exiger une révision du prix de son contrat.

Alors que cette attaque est indépendante de celles de beIN Sports et Canal+ (les premiers sous-licenciés les deux seconds matches de Ligue 1 par jour contre 332 M€ par saison), qui souhaitent la résiliation de l’intégralité du contrat, Free s’appuie sur le même constat : une “iniquité” des prix depuis la signature du nouveau deal entre la Ligue et Amazon en juin dernier. Le géant américain du numérique avait alors récupéré les droits abandonnés par Mediapro – 80%, dont les 10 meilleures affiches de la saison, pour 250 M€ – alors que le groupe audiovisuel espagnol devait initialement débourser plus de 800 M€ par an.

Free ne se considère pas comme un véritable partenaire de la LFP

Diffuseur de 100% de la Ligue 1 quasi directement sur son site et son application “Free Ligue 1” contre 42 M€ (hors taxes) par saison, Free ne souhaite plus verser un montant établi lors de l’appel d’offres de mai 2018, avant la crise sanitaire et affaire Mediapro. Il demande à la justice une révision de son prix, aligné sur le différentiel entre le prix « Mediapro » et le prix « Amazon », pour toute la période 2020-2024.

Matchez des commentateurs gratuitement, dans des cabines dans des bureaux situés à Paris.  (P. Lahalle/L'équipe)

Des commentateurs de matchs gratuits, dans des cabines dans des bureaux situés à Paris. (P. Lahalle/L’équipe)

En coulisses, le titulaire du quasi-live a d’ailleurs souvent regretté de ne pas être considéré comme un véritable partenaire par la Ligue, ni écouté. Il déplore par exemple régulièrement de ne pas pouvoir diffuser des extraits de certaines actions sur les réseaux sociaux. Il aurait d’ailleurs dû nommer son application “Free Ligue 1 Uber Eats” lors de la première saison du contrat (2020-2021), alors qu’il souhaitait initialement se passer du nom du partenaire de la Ligue. Ce dernier aurait refusé… avant de lui accorder ce droit cette saison, Amazon ayant eu la possibilité de lancer son “Pass Ligue 1” sans cette mention.

Après de petits gestes, Free opte pour une formule plus offensive

Jusqu’alors Free s’était contenté d’exprimer son mécontentement par de petits gestes, par exemple en validant le paiement de la première échéance de cette saison avec quelques jours de retard. L’opérateur avait également demandé une ristourne à la Ligue par écrit, le 17 février 2021, sans succès. Cette fois, elle opte pour une formule plus offensive. Cette attaque au fond aura néanmoins un effet direct sur le calendrier judiciaire. Initialement prévue en mai, la décision du juge du fond aurait été repoussée à décembre, notamment en raison de l’arrivée de cette nouvelle plainte.

Pas de quoi faire les affaires de Canal + alors que son président Maxime Saada se confiait jeudi dernier à L’équipe ne perdez pas espoir de gagner : “il y a un risque que le contrat des droits de la Ligue 1 soit remis en cause”. En attendant, la chaîne cryptée devra respecter son contrat de sous-licence avec beIN Sports, comme récemment demandé par la cour d’appel de Versailles, et payer les 332 millions d’euros dus par saison pour ses deux matches de L1 (samedi 21h et dimanche 17h). Free devra également régler ses délais habituels par la décision.

Contacté, Free n’a pas souhaité faire de commentaire et la Ligue n’a pas répondu à nos sollicitations.

Leave a Reply

Your email address will not be published.