COVID-19 : le port du masque à l’intérieur restera obligatoire jusqu’à la fin avril au Québec

Le port du masque à l’intérieur restera obligatoire au moins jusqu’à la fin avril au Québec, a annoncé mardi le directeur national par intérim de la santé publique, Luc Boileau.

“Comme la plupart des mesures ont été levées, nous avons préféré avoir une approche plus prudente” en raison de la sixième vague de COVID-19[femininea-t-il déclaré lors d’un point de presse.

Le Québec est la seule province où le port du masque reste obligatoire, mais c’est une “contrainte acceptable dans la situation actuelle”, a-t-il soutenu. « Je suis en contact avec d’autres leaders de la santé publique au Canada et il y en a beaucoup qui voudraient les ramener, ces mesures, parce qu’elles ne sont pas très exigeantes et qu’elles permettent de garder un certain contrôle sur l’évolution de la pandémie », a déclaré le Dr .r Bouileau. Il a souligné « la chance » qu’a le Québec d’avoir conservé ces mesures.

L’expert en santé publique a également annoncé que le gouvernement élargir l’accès à la quatrième dose du vaccin contre le COVID-19. Les Québécois de 70 ans et plus pourront prendre rendez-vous pour une deuxième dose de rappel, par l’intermédiaire de Clic Santé, à compter de mercredi. Les personnes âgées de 60 ans et plus pourront faire de même à partir du 11 avril.

“Il y aura sûrement une campagne de vaccination” pour la population générale à l’automne, a également avancé le Dr Jean Longtin, microbiologiste et expert clinicien du ministère de la santé.

En ce moment, “il y a une immunité qui s’installe”, a rappelé le Dr Bouileau. « Cependant, cette immunité ne persiste pas dans le temps et n’empêche pas d’autres contagions et d’autres manifestations graves de la maladie. “Résultat : “on ne peut pas dire “ici, maintenant, on n’a plus rien à faire, on a atteint l’immunité collective et c’est fini pour toujours”, a-t-il illustré.

Encore au moins deux semaines

Le 2 mars, le Gouvernement Legault avait annoncé que le masque ne serait plus nécessaire dans les lieux publics, à l’exception des transports en commun, au plus tard mi-avril. Or, maintenant, la « situation de croissance pandémique » dans laquelle se trouve le Québec a chamboulé les plans.

Le Dr Boileau s’est dit incapable, à ce stade, de prédire quand le pic d’infections sera atteint au Québec. « Savoir si ce pic sera atteint à Pâques, après Pâques ou avant Pâques, c’est très difficile. Il y a des variations sur le territoire », a rappelé l’expert, ajoutant que cela rend plus difficile le travail de prévision.

Le gouvernement a dans le cadre adressé un “appel à la prudence” aux personnes âgées de 60 ans et plus. “Vivre avec le virus ne veut pas dire l’oublier”, a aussi insisté le Dr Bouileau.

Il a rappelé que malgré les consignes d’isolement — maintenant réduit à cinq jours —, la population doit rester consciente “qu’on peut être contagieux pendant 10 jours” et limiter ses contacts sociaux en conséquence.

Le responsable de la santé publique numéro un au Québec a déclaré qu’il n’avait «aucune intention» de recommander l’imposition de nouvelles mesures – «des fermetures ou quoi que ce soit» – au gouvernement. « Nous ne sommes pas là. C’est une vague qui était attendue. […] On aurait aimé s’en passer, mais il est là : 75 % de tous les cas qu’on a au Québec sont [variant] BA.2 », a-t-il souligné.

A l’approche de Pâques et en plein Ramadan, le Dr Boileau a dit préférer faire confiance au jugement des Québécois plutôt que de limiter les rassemblements. “Les gens peuvent faire leurs propres choix, je pense qu’ils [peuvent être] assez prudent pour gérer une infection », a-t-il déclaré en anglais.

Une sixième vague “intangible pour beaucoup”

Selon le dernier sondage sur les attitudes des adultes québécois de l’Institut national de santé publique (INSPQ), la population est “un peu moins optimiste” qu’avant quant à la fin de la crise pandémique, mais elle n’adhère pas davantage aux mesures sanitaires, rapporte Ève Dubé, conseillère scientifique et anthropologue médicale au sein de l’institution.

«Généralement, lorsque nous avons observé une plus grande perception des risques, nous avons également observé que les gens adhéraient davantage aux mesures», dit-elle. Là, on est encore dans une situation où les gens se disent « OK, ça ne va peut-être pas si bien », mais on ne voit pas encore de traduction dans les comportements. On parle de sixième vague, on parle d’augmentation des cas, mais c’est encore intangible pour beaucoup. »

L’INSPQ a mené son sondage du 18 au 30 mars, avant le point de presse de Dr Boileau mardi. Un peu plus de 50 % des adultes interrogés se disent favorables à ne pas avoir à porter de masque au Québec. Environ 60% ont également indiqué qu’ils avaient l’intention de continuer à le porter même lorsqu’il ne serait plus obligatoire.

Quant aux rassemblements privés, les Québécois sondés estiment que leur interdiction est l’une des mesures préventives les moins efficaces contre la COVID-19. « Avoir des amis ou de la famille à la maison ou aller visiter fait partie des choses avec lesquelles les gens sont très à l’aise », ajoute Ève Dubé.

Le chercheur note dans la population une “fatigue pandémique” et une “fatigue par rapport aux évolutions des recommandations” de la Santé publique.

Le fait d’avoir été infecté par la COVID-19 pendant les fêtes de fin d’année “joue aussi beaucoup” sur la perception du risque, souligne-t-elle. “On sait que plus on a peur d’une maladie, plus on aura envie de s’en protéger”, rappelle-t-elle. Pourtant, de nombreux Québécois ont contracté Omicron au cours des derniers mois. Ils sont donc “peut-être un peu moins préoccupés” par la maladie ou se sentent protégés contre l’infection, a-t-elle déclaré.

Avec Marie-Ève ​​Cousineau

Bilan quotidien du COVID-19

A voir en vidéo

Leave a Reply

Your email address will not be published.