En phase de relance, l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry renoue avec 100 destinations cet été

“Nous sortons de deux années de crise, mais nous observons une nette reprise depuis l’été 2021.», a affirmé mercredi Tanguy Bertolus, président du directoire d’Aéroports de Lyon, lors d’une conférence de presse.

Au niveau national, le transport aérien sera quant à lui revenu à 90,7 millions de passagers sur l’ensemble du territoire en 2021, soit une hausse de +29,5% par rapport à 2020… mais un chiffre qui reste cependant encore inférieur à -57,7% par rapport à 2019.

Selon l’Union des aéroports de France (UAF), Lyon-Saint Exupéry aura cependant perdu une place “symbolique” dans le classement de fréquentation 2021, puisqu’après une décennie de croissance du trafic, l’aéroport géré par Vinci passe de la quatrième à la cinquième place. place avec ses 4,5 millions de passagers, derrière l’aéroport de Marseille-Provence (4,6 millions). La descente est forte puisqu’en 2019, Lyon Saint-Exupéry a drainé 11,7 millions de passagers mais il espère, à partir de 2022, renouer avec 7 à 9 millions de voyageurs annuels.

Un léger déclassement qui n’inquiète pourtant pas Tanguy Bertolus : “la moyenne des aéroports français est en baisse de -60% d’activité par rapport à 2019. Avec une spécificité : le trafic touristique a bien mieux repris que le trafic professionnel ou familial. L’aéroport de Marseille a plus de tourisme, donc c’est très cyclique. Le nombre de passagers nous intéresse, mais savoir si c’est plus ou moins que Marseille n’est pas si intéressant.« Une baisse d’activité de 70 % en 2020 et de 62 % en 2021 qui s’est également accompagnée d’une baisse du nombre de salariés, de 420 à 350.

La guerre en Ukraine a aussi eu “faible impact sur le trafic», l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry n’ayant jusqu’ici eu qu’un seul vol par semaine vers Moscou (qui ne vole plus) et aucun vers l’Ukraine. Même pour les vols vers les pays voisins, il n’y a pour l’instant « pas de conséquences directes », assure la structure .

Un plan de vol renforcé pour l’été 2022

Et alors que l’été 2021 affichait 80 des 130 destinations habituelles (contre 40 en 2020), l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry proposera cet été aux voyageurs 100 destinations.

L’an dernier, les liaisons long-courriers comme Dubaï et Montréal avaient déjà repris, ainsi que les hubs européens comme Francfort et Bruxelles.

En 2022, neuf nouvelles destinations (qui n’étaient pas implantées avant la crise sanitaire) seront proposées : Larcana sur l’île de Chypre, Dakar au Sénégal, Santorin et Kos en Grèce, La Réunion, Kayseri en Turquie, Bari en Italie, Cracovie en Pologne. et enfin Belgrade en Serbie. “Cet été, il y a une dynamique touristique avec une attractivité pour les destinations balnéaires”analyse Tanguy Bertolus.

De plus, l’aéroport travaille avec 42 entreprises, dont sept nouvelles. “Ce n’est pas encore le niveau de 2019, mais on s’en rapproche.”

Par ailleurs, les compagnies low-cost représentent désormais 39 % du trafic en France, contre 35 % avant la crise. Un mouvement général auquel Lyon ne peut échapper : la moitié des entreprises travaillant avec l’aéroport sont low-cost.

Le fret, qui représente une “activité importante” pour Vinci Airports, en hausse de 7% en 2021 par rapport à 2020. Sachant qu’en 2018, 60 717 tonnes de fret et de poste ont été transportées sur la plateforme CargoPort, dont 57 907 tonnes hors poste.

Pour 2022, Tanguy Bertolus envisage « une belle perspective », ce secteur ayant «pas connu une crise comme le tourisme.” Les cargos et les exportateurs ayant également repris leurs activités. Le fret tout cargo a progressé de +8%, soit 3% de plus que son niveau de 2019. »L’arrivée de Qatar Airways à Lyon avec son vol dédié a contribué à ces bons résultats” dit Vinci.

Fermeture du T2 dans les prochaines semaines

Fin mai, le terminal 2 devrait fermer pour une importante campagne de rénovation (sur le plan énergétique, mais aussi afin d’améliorer son expérience client et son expérience commerciale). Les travaux devraient durer deux ans et les vols seront ainsi transférés au T1. Une rénovation avec un budget de 30 millions d’euros.

Un autre projet global de développement de la relation client, qui avait notamment déjà commencé avec L’installation de Monaun système d’assistance aux passagers sans contact utilisant la biométrie, sera étendu.

Mis en place en septembre 2020, Mona a été utilisé par 2 000 passagers, “avec un taux de satisfaction de 96%”, selon Tanguy Bertolus. Jusqu’à présent seules les compagnies Tap, Transavia et Air Corsica l’utilisaient, mais d’autres transporteurs aériens ont manifesté leur volonté de l’expérimenter.

L’horizon « zéro émission nette » pour 2026 est maintenu

En matière de décarbonation, l’objectif affiché est à partir de “diviser par dix les émissions de CO2 d’ici 2026″, ou d’atteindre le « zéro émission nette » d’ici cette échéance.

Tous les véhicules de l’aéroport doivent donc être verts (biogaz ou hydrogène). Une ombrière composée de 7 000 m2 de panneaux photovoltaïques sera construite sur le nouveau parking dès la rentrée. Des bornes électriques seront également déployées.

Quant aux avions, Vinci a déjà conclu un partenariat avec Air Liquide pour préparer les avions à hydrogène. Et “les avions qui émettent le plus de CO2 devront payer une redevance”fait valoir Tanguy Bertolus, sans en préciser le montant à ce stade.

D’ici 2025, des stations hydrogène pour la mobilité lourde devraient être déployées, avec l’objectif d’étendre l’utilisation de l’hydrogène vert aux avions d’ici 2030.

Des travaux de compensation carbone ont également été engagés avec l’ONF. Dans le département du Rhône, Vinci Airports s’est ainsi engagé à agrandir et gérer une forêt de 3,6 hectares, « pour compenser la part résiduelle » de son activité.

Aussi, la loi Climat et Résilience, qui interdira l’exploitation des services aériens si une alternative par le train existe en moins de 2h30, n’a pour l’instant aucune conséquence sur l’activité de l’aéroport.

“Nous attendons la sortie du décret. L’impact est faible pour nous. Seules deux lignes sont concernées, Lyon-Orly qui a déjà été arrêtée et Lyon-Marseille qui volera toujours car elle comprend beaucoup de correspondances.”