Inspection surprise de l’UE chez Gazprom en Allemagne

En plein bras de fer entre l’Europe et la Russie sur le gaz russe, la Commission européenne a procédé à des inspections surprises dans les locaux de la compagnie gazière russe Gazprom en Allemagne, selon des révélations ce jeudi 31 mars de diverses sources européennes. cohérent.

L’exécutif européen, gardien de la concurrence au sein de l’UE, n’a pas confirmé cette information, mais a admis, dans un communiqué, avoir mené des inspections, en lien avec l’autorité allemande de la concurrence, “dans les locaux de plusieurs entreprises actives dans la fourniture, le transport et le stockage de gaz naturel en Allemagne”.

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Deux sources européennes ont confirmé à l’AFP que des investigations avaient eu lieu mercredi 30 mars dans les locaux du géant gazier russe Gazprom et de sa filiale de distribution de gaz naturel Wingas, comme l’a d’abord révélé l’agence Bloomberg.

« Les inspections inopinées sont une étape préliminaire dans l’enquête sur les pratiques anticoncurrentielles présumées. Le fait que la Commission procède à de telles inspections ne signifie pas que les entreprises sont coupables de comportement anticoncurrentiel et ne préjuge pas de l’issue de l’enquête elle-même », a précisé l’exécutif européen.

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Si ce sujet intervient au plus fort de la guerre en Ukraine, et des tensions entre l’Occident et la Russie, rien n’indique que cette inspection ait été menée pour accroître la pression sur Moscou. La Commission européenne soupçonne en effet depuis l’an dernier la Russie d’avoir restreint l’approvisionnement en gaz en Europe pour provoquer une flambée des prix.

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D’éventuelles nouvelles sanctions contre la Russie

L’invasion russe de l’Ukraine a révélé l’extrême dépendance de l’UE vis-à-vis du gaz importé de Russie, qui représente 40 % de sa consommation. Cette dépendance limite sa capacité à agir contre Moscou. Les Vingt-Sept, qui ont adopté des sanctions sans précédent depuis le début de la guerre, se sont abstenus de toucher au secteur gazier pourtant essentiel pour la Russie.

La Commission européenne prépare également de nouvelles sanctions contre la Russie pour son offensive contre l’Ukraine, ont indiqué mercredi 30 mars à Reuters des sources proches du dossier, ajoutant que l’ampleur de ces nouvelles mesures dépendrait de la position de Moscou sur le paiement du gaz russe en roubles.

Pour rappel, Vladimir Poutine a annoncé la semaine dernière que son pays exigerait des paiements en roubles pour ses livraisons de gaz aux pays “Hostile” y compris les membres de l’UE. Le Kremlin a annoncé plus tard que les paiements en roubles seraient demandés progressivement après la date limite fixée par Vladimir Poutine – le 31 mars. Demande, cependant, rejetée par les Occidentaux.

Selon deux des sources, le nouvel ensemble de sanctions européennes pourrait être prêt dès la semaine prochaine. La Commission européenne procéderait à des consultations avec les gouvernements du bloc communautaire sur les mesures visant à « vérification ». Cela serait conforme à ce que les Vingt-Sept ont convenu lors d’un sommet tenu la semaine dernière : s’assurer que les sanctions déjà imposées contre la Russie ne soient pas contournées, en particulier celles visant les oligarques.

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Les pays occidentaux anticipent une possible pénurie de gaz

Face à la menace de coupure de gaz, l’Allemagne et l’Autriche ont activé un système d’alerte en trois étapes pour gérer au plus près leurs approvisionnements. En Allemagne, les réserves de gaz sont pleines à 25 %. En Autriche, le niveau de stock est à 13 % de la capacité. Berlin, qui s’approvisionnait à plus de 55 % depuis la Russie avant la guerre, a déjà réduit cette part à 40 % et redouble d’efforts pour trouver d’autres fournisseurs. Mais l’Allemagne n’envisage pas de pouvoir se passer du gaz russe avant mi-2024 et s’oppose fermement à l’embargo immédiat sur les hydrocarbures demandé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky et plusieurs pays comme la Pologne.

La Grèce envisage “scénarios alternatifs” face au risque de pénurie de gaz. Et ceci afin de“assurer l’approvisionnement énergétique normal du pays”. Le ministre grec de l’Environnement et de l’Énergie a ainsi annoncé mercredi 30 mars dans un communiqué qu’il avait convoqué une réunion « extraordinaire » à propos de ce sujet. Parmi les hypothèses envisagées, plus de gaz liquéfié ou encore une reprise de la production de charbon, alors que le pays veut en sortir d’ici 2025. Athènes n’évoque cependant pas de réduire sa dépendance à l’énergie russe sur le long terme, contrairement à l’Union européenne qui veut diversifier ses approvisionnements.

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(Avec AFP)