La FIFA s’attend à des revenus record malgré le Covid-19

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Doha (AFP) – Les finances du football battent leur plein : la Fifa est en route pour des recettes record grâce à la Coupe du monde au Qatar (21 nov-18 déc) et se dirige vers un boom financier à long terme grâce au numérique.

Lors de son congrès annuel jeudi à Doha, la capitale qatarie, l’instance dirigeante du football mondial a annoncé qu’elle était “en bonne voie pour dépasser son objectif de revenus prévu de 6,44 milliards de dollars” pour le cycle 2019-2022. et qu’il se dirigeait vers la barre symbolique des 7 milliards de dollars (6,3 milliards d’euros) sur la période.

En effet, malgré la pandémie de coronavirus qui a réduit ses revenus à 266 millions de dollars en 2020, elle avait déjà réalisé 6,11 milliards de dollars de revenus à la fin de l’année dernière.

“La situation financière de l’organisation reste saine et robuste avec des réserves suffisantes”, indiquent les comptes de l’instance.

Les finances sont si bonnes que la Fifa a dépensé plus d’un milliard de dollars dans des mesures pour lutter contre les effets de la pandémie dans le football et a encore augmenté ses réserves de trésorerie de 21 %, atteignant 5,49 milliards. de dollars.

En 2021, l’organisme, dont les exercices s’étalent sur quatre ans entre les Coupes du monde, a déclaré des revenus de 766 millions de dollars.

La Pologne de Robert Lewandowski, buteur face à la Suède lors du barrage final de la Coupe du monde à Chorzów, le 29 mars 2022, sera au Qatar
La Pologne de Robert Lewandowski, buteur face à la Suède lors du barrage final de la Coupe du monde à Chorzów, le 29 mars 2022, sera au Qatar JANEK SKARZYNSKIAFP/Archives

La majeure partie de cet argent provient des revenus de la télévision et du marketing pour le prochain tournoi au Qatar, qui a augmenté depuis la dernière Coupe du monde en Russie en 2018, et la Fifa s’attend à ce que “les droits de diffusion télévisée établissent un nouveau record” d’ici la fin de l’année.

“Résilience organisationnelle”

Pas de surprise pour Simon Chadwick, professeur d’économie du sport à l’EM Lyon Business School, pour qui il a toujours été probable que la pandémie rende “les riches sportifs plus riches et les pauvres plus pauvres”.

Le dôme affichant le compte à rebours de la Coupe du monde au Qatar est installé dans la capitale Doha, le 30 mars 2022
Le dôme affichant le compte à rebours de la Coupe du monde au Qatar est installé dans la capitale Doha, le 30 mars 2022 Karim Jaafar à l’AFP

“Des organisations telles que la Fifa ont les ressources et la résilience organisationnelle pour résister aux pires effets de Covid”, a-t-il ajouté.

“Deuxièmement, les sponsors et les diffuseurs ont cherché des refuges pendant la tempête Covid – c’est-à-dire des propriétés dont il a été prouvé qu’elles avaient une stabilité, une valeur commerciale et une présence durables.”

La Coupe du Monde de la FIFA “atteint plusieurs publics cibles” et est plus globale que des sports rivaux comme le cricket ou le football américain.

sport et NFT

La Fifa s’oriente vers l’esport et d’autres nouvelles plateformes numériques, et M. Chadwick estime que “les perspectives de génération de revenus de la Fifa sont toujours très prometteuses”.

“Ajoutez à cela la frénésie actuelle des NFT, des crypto-monnaies et des métaverses, et la Fifa – comme de nombreux autres acteurs du football – anticipe une manne de revenus qui la soutiendra à moyen et long terme.”

Un jeu vidéo Fifa-18 est projeté au Parc des Expositions de Paris, Porte de Versailles, le 5 novembre 2017
Un jeu vidéo Fifa-18 est projeté au Parc des Expositions de Paris, Porte de Versailles, le 5 novembre 2017 THOMAS SAMSONAFP/Archives

Selon lui, il reste un écueil dans le développement des nouvelles sources de revenus de la Russie : “La Fifa a travaillé dur pour élargir sa base, par exemple en faisant venir des sponsors de pays où les normes de gouvernance et les niveaux de contrôle sont quelque peu différents de ceux de l’Europe, par exemple. Pour que la Fifa regagne pleinement la confiance de certaines parties prenantes, il reste donc encore du travail à faire.”

Il a ajouté que l’organisme mondial doit “faire attention à ne pas devenir arrogant, paresseux ou négligent dans sa quête de nouveaux revenus, et à ne pas se laisser séduire par ce qui pourrait sembler être des systèmes de gains faciles”.

“On s’attend à ce que toutes les organisations mondiales éradiquent complètement la corruption ou le scandale”, a déclaré Chadwick. “On ne peut qu’espérer que la FIFA continuera à avancer dans la bonne direction.”

Les finances de l’organisation sont en tout cas restées excellentes malgré le scandale de l’arrestation de sept hauts dirigeants de la FIFA pour corruption avant son congrès de 2015.

Plus de 200 millions de dollars remis par les autorités américaines sur les actifs saisis aux barons du football régional ont ajouté à la manne de la Fifa.

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