“Le diagnostic nous a rendu notre liberté”, raconte Laetitia Payen, mère d’un garçon bipolaire

Une colère assourdissante, des insultes qui pleuvent, des coups qui n’en finissent pas… et soudain, une avalanche de câlins et d’excuses. Dès ses premières années, Stanislas a déconcerté ses parents et sa grande soeur par son comportement hors du commun. Autisme, troubles dys, hyperactivité, hypersensibilité ? Après de nombreux rendez-vous médicaux et des dizaines de fausses pistes, la mère de Stanislas, Laëtitia Payen, est arrivée à une conclusion surprenante : son fils de 5 ans souffrait de troubles bipolaires. Une maladie mentale invalidante, surtout lorsqu’elle n’est pas diagnostiquée, qu’il est rare de reconnaître chez un enfant.

Depuis, cet iconographe est devenu président de laAssociation Vélo, qui accompagne les familles d’enfants et d’adolescents souffrant de troubles de l’humeur. Après des années de crises, de doutes, de culpabilité, de méthodes maison, de lectures et de rencontres, Laëtitia Payen a souhaité raconter son histoire en Mon enfant cyclone, le tabou des enfants bipolaires*, qui vient d’être publié.

Une piste “trop ​​souvent exclue d’emblée en France”

L’objectif n’est pas de poser un diagnostic, mais de proposer une piste “trop ​​souvent exclue d’emblée en France à tous les parents désemparés qui ont tout essayé, qui ont cherché, consulté, sans trouver de solutions”. A l’occasion de la Journée mondiale des troubles bipolaires, 20 minutes a rencontré Laëtitia Payen pour lui poser quelques questions en vidéo.

Elle le reconnaît : rien n’est facile dans ce parcours du combattant. Pourtant, Stanislas a été diagnostiqué à l’âge de 5 ans. Et aujourd’hui à 13 ans, il va bien et il est à l’école. Mais est-il trop tôt pour enfermer un enfant dans une boîte et lui donner des médicaments ? «Ce fut un soulagement pour lui, le diagnostic. Il m’a dit “c’est pas moi qui suis mauvais”. L’avantage d’un diagnostic précoce est de retarder la prise de médicaments et d’en donner le moins possible. Quand on pense au trouble bipolaire, on pense immédiatement aux médicaments. Cependant, c’est l’inverse. Quoi qu’il en soit, ces enfants auront des étiquettes et recevront des traitements, mais souvent pas les bons, à fortes doses, avec des hospitalisations. Et des drames : tentative de suicide pour les enfants, signalements pour les parents et ça peut aller jusqu’au placement. »

C’est pourquoi elle se bat avec elle Association Vélo pour soutenir les parents… et éduquer les soignants. « Aucun parent ne veut psychiatriser son enfant ! Comme beaucoup de parents de l’association, le diagnostic nous a rendu notre liberté. C’est un problème pour les personnes qui ne sont pas confrontées à cette maladie. »

Mais l’auteur rassure : « tous les enfants qui ont des troubles du comportement ne sont pas bipolaires ! La crise d’opposition ou d’adolescence, ça passe. Chez l’enfant bipolaire, non seulement ça ne va pas disparaître, mais ça va s’aggraver. »

* Mon enfant cyclone, Laëtitia Payen avec Catherine Siguret, Flammarion, 16 mars 2022, 19 €.

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