le nouveau traitement du cancer du poumon?

Associer immunothérapie et chimiothérapie dans le traitement préopératoire du cancer du poumon réduirait le risque de rechute et de décès de près de 40%, selon une nouvelle étude internationale. Quel est ce nouveau traitement ? Bientôt en France ? Le point sur ce nouveau traitement contre le cancer du poumon.

UN nouveau traitement pour cancer du poumon associant immunothérapie et chimiothérapie avant la chirurgie réduirait le risque de récidive et de décès de près de 40% selon une étude internationale publiée le 11 avril 2022 dans le Journal de médecine de la Nouvelle-Angleterre. “L’étude a été menées chez des personnes avec cancer du poumon non métastatique localisé et opérable” déclare le Professeur Nicolas Girard, oncologiste et pneumologue à l’Institut Curie qui a co-réalisé et présenté ces résultats au congrès de l’American Association for Cancer Research (AACR) aux Etats-Unis le 11 avril. Le traitement consiste à associer trois séances deimmunothérapie et chimiothérapie conventionnelle, avant la chirurgie, sur une période de 2 mois. En mars dernier, la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis a approuvé ce nouveau traitement. “Nous espérons permettre aux patients de accès en France grâce à la demande d’accès anticipé” reconnaît le Pr Girard.

Quel est ce nouveau traitement ?

Le traitement testé dans l’étude CheckMate-816 (phase 3) consistait en combiner trois cures d’immunothérapie (avec le nivolumab, un anticorps monoclonal développé par le laboratoire Bristol Meyers Squibb) et chimiothérapie avant l’opération (afin de réduire la taille de la tumeur) sur une période de 2 mois chez 358 patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules non métastasé (la forme la plus fréquente de cancer du poumon en France). Les résultats ont montré que la survie sans récidive ou progression de la maladie est de 31,6 mois avec immunothérapie (nivolumab) + chimiothérapie versus 20,8 mois avec chimiothérapie seule. Pour 24% des patients de l’étude, il n’y a plus de cellules cancéreuses après un traitement associant chimiothérapie et immunothérapie. Ce chiffre tombe à 2% après un traitement par chimiothérapie seule.” précise le Pr Nicolas Girard. “Ce nouveau traitement réduit le risque de rechute de 37% et le risque de décès de 43%. 83% de nos patients sont encore en vie 2 ans après l’administration de ce nouveau traitement versus 71% avec la chimiothérapie seule” conclut-il.

Qu’en est-il des effets secondaires ?

“On constate moins de complications chirurgicales”

Ajout du nivolumab à la chimiothérapie néoadjuvante n’a pas augmenté l’incidence des événements indésirables cela n’a pas non plus entravé la faisabilité de la chirurgie. Des événements indésirables liés au traitement sont survenus chez 33,5 % des patients du groupe nivolumab plus chimiothérapie et 36,9 % de ceux du groupe chimiothérapie seule», précisent les chercheurs de l’étude.Les patients n’ont reçu que 3 cycles de traitement [par immunothérapie]. Les traitements d’immunothérapie durent souvent au moins un an. On peut donc s’attendre moins de toxicitédéveloppé par le Pr Nicolas Girard. “Nous notons moins de complications chirurgicales (42 % contre 47 %) puisque la taille des tumeurs a diminué grâce à l’immunothérapie et à la chimiothérapie dans l’approche préopératoire.” En France, le cancer du poumon est le troisième plus fréquent et il augmente chez les femmes.

Parmi les deux principaux types de cancer du poumon, le cancer du poumon non à petites cellules (CBNPC) représente jusqu’à 84 % des diagnostics dont la majorité (environ 60 %) sont non métastatiques. Aujourd’hui, de nombreux patients atteints de CPNPC non métastatique sont guéris par chirurgie, mais 30 à 55 % d’entre eux développent une récidive.

Sources :

– Conférence de presse sur les résultats de l’étude CheckMate-816 avec Pr Nicolas Girard, Institut Curie, 11 avril 2022

– “Nivolumab néoadjuvant plus chimiothérapie dans le cancer du poumon résécable”, New England Journal of Medicine, 11 avril 2022

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