le procès du “colonel des colonels” s’ouvre devant la CPI

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Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, ancien chef de milice soudanais, sera la première personne à être jugée mardi devant la Cour pénale internationale pour des exactions commises au Darfour il y a près de vingt ans. Collaborateur de l’ancien président soudanais Omar el-Béchir, il est accusé de 31 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Il est surnommé « colonel des colonels ». Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, ancien chef de milice, sera la première personne à être jugée devant la Cour pénale internationale (CPI) mardi 5 avril pour les atrocités commises dans le Darfourscène d’un bain de sang il y a près de 20 ans.

Au moins 45 personnes sont mortes la semaine précédant ces audiences dans de nouveaux affrontements tribaux dans cette région de l’ouest Soudanrégulièrement endeuillé par la violence, selon les autorités locales de sécurité.

Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, 72 ans, collaborateur de l’ancien président soudanais Omar el-Béchir, était le chef de la milice Janjawid, une force auxiliaire du gouvernement soudanais accusée d’exactions lors du conflit au Darfour.

Également connu sous son nom de guerre Ali Kosheib, il est accusé de 31 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis en 2003-2004 au Darfour.

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Le conflit a éclaté au moment où des membres de minorités ethniques ont pris les armes contre le régime à majorité arabe de Khartoum.

Khartoum a répondu avec les Janjaweed, une force issue des tribus nomades de la région.

Des groupes de défense des droits de l’homme ont déclaré avoir mené une “campagne systématique de nettoyage ethnique” ciblant les groupes ethniques four, masalit et zaghawa.

Le bilan humain du conflit est estimé à 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon les Nations unies.

En avril 2007, la CPI, dont le siège est à La Haye, a émis un mandat d’arrêt contre Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman.

Ces derniers ont fui vers la République centrafricaine en février 2020 lorsque le nouveau gouvernement soudanais a annoncé son intention de coopérer avec les enquêteurs de la CPI.

Il s’est rendu en juin 2020 à la CPI après 13 ans de cavale, et nie les accusations portées contre lui.

colonel des colonels

Selon les procureurs de la CPI, le chef de milice, soutenu par les forces soudanaises, a mené des attaques contre des villages de la région de Wadi Salih au Darfour en août 2003.

Au cours de ces attaques, au moins 100 villageois ont été assassinés, des femmes et des filles ont été violées et des membres du groupe ethnique four prédominant ont été transférés de force et persécutés.

Surnommé « colonel des colonels », il est également accusé d’avoir mobilisé, recruté, armé et approvisionné les milices janjawid sous son commandement.

Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman étant le premier suspect à être jugé pour des crimes de guerre commis au Darfour, ce procès représente « une chance rare et longtemps attendue pour les victimes et les communautés terrorisées par les Janjawid de voir un chef présumé traduit en justice, », a déclaré Human Rights Watch dans un communiqué.

Omar el-Béchir, qui a dirigé le Soudan d’une main de fer pendant trois décennies avant d’être destitué en avril 2019 après des mois de protestations, ainsi que deux autres dirigeants sont revendiqués depuis plus de dix ans par la CPI pour « génocide » et crimes contre l’humanité pendant la conflit au Darfour.

Le procureur en chef de la CPI, Karim Khan, a déclaré qu’un coup d’État militaire au Soudan en octobre avait marqué un revers dans le travail de la Cour, le pays d’Afrique du Nord-Est secoué par l’aggravation des troubles.

Avec l’AFP

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