L’inflation sape les calculs des banques centrales mondiales (Analyse)

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AA / Istanbul
Il y a deux ans, les banques centrales du monde entier s’efforçaient de stimuler leurs marchés grâce à une série de plans de relance et à des taux d’intérêt proches de zéro, pour faire face aux impacts économiques de la propagation de la pandémie de coronavirus. Covid19.
Actuellement, les banques centrales, notamment celles des États-Unis et des pays de la zone euro et des économies des États les plus développés, paient une partie du prix résultant des mesures de relance, des plans de relance et de l’injection de liquidités dans les marchés ainsi que certains facteurs géopolitiques qui ont provoqué une hausse de l’inflation.
Les États-Unis ont enregistré, en mars dernier, un taux d’inflation établi à 8,5 %, son plus haut niveau depuis décembre 1981, alors que la Réserve fédérale s’emploie à freiner cette tendance inflationniste.

– Hausse des taux d’intérêt

L’un des principaux outils utilisés pour freiner l’inflation est de relever les taux d’intérêt, ce que la Réserve fédérale américaine a fait en mars ; une mesure qu’elle s’apprête à renouveler en 2022.
Une forte inflation mondiale, en particulier des prix des matières premières telles que les denrées alimentaires, qui a atteint des sommets historiques sans précédent, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), se produit alors que les marchés ne se sont pas encore remis des conséquences de Covid-19. 19.
Aujourd’hui, les banques centrales se battent sur deux fronts en recourant au même outil, à savoir les taux directeurs qui conduisent à la réduction de la masse monétaire en vigueur sur les marchés, et son transfert aux banques sous forme de dépôts, afin que leur les propriétaires bénéficient des taux d’intérêt qui y sont appliqués.
En retour, ces banques s’emploient à remédier aux déséquilibres économiques et monétaires générés par la propagation du Covid-19. L’un des principaux outils mis en œuvre pour stimuler les marchés est la baisse des taux d’intérêt, qui est à l’opposé de la solution de la crise de forte inflation.
C’est dans cette situation que les banques centrales se trouvent à la croisée des chemins, doivent-elles travailler dans l’intérêt des consommateurs en faisant baisser l’inflation élevée, ou vont-elles s’orienter vers la stimulation des marchés et l’incitation à des investissements créateurs d’emplois par le passage obligé du maintien de taux d’intérêt bas ?

– Freiner l’inflation

Il ressort des différents indices que les banques centrales résoudront la crise de l’inflation et en feront une priorité, dans la mesure où les prix à la consommation représentent un facteur de pression et une charge pour les économies, le pouvoir d’achat et les consommateurs, en particulier pour les économies émergentes et en développement.
La majorité des banques centrales du monde ont relevé leurs taux directeurs en mars, suite à la décision de la Réserve fédérale américaine de relever son taux et qui s’apprête à relever ce taux à quatre reprises au cours de cette année, ce qui pourrait constituer un danger pour les autres marchés mondiaux .
La hausse des taux directeurs pourrait freiner l’inflation mais en même temps cette mesure pourrait décourager l’incitation et la relance des marchés, puisque les liquidités monétaires nécessaires pour les investissements sur les marchés et créer ainsi de nouveaux emplois et pourvoir des salaires seront transférés aux banques sous forme de dépôts.

– Stagflation

Les craintes mondiales ont récemment augmenté que la hausse des taux directeurs et l’échec des efforts des banquiers centraux pour freiner l’inflation ne conduisent à l’apparition de ce qu’on appelle la stagflation.
La stagflation est une hausse accélérée des prix des matières premières notamment, comme ce qui se passe aujourd’hui, et qui s’accompagne d’une forte baisse de la demande, c’est-à-dire des prix élevés et une demande faible.
La stagflation conduira à une situation de faible demande des consommateurs, alors que cette baisse ne conduira pas à une baisse des prix des produits, du fait de la hausse des coûts de production, qui se traduira par un arrêt concomitant de la production et de la consommation.
Au Royaume-Uni, par exemple, la confiance des consommateurs et des entreprises a baissé en mars dernier dans un contexte de hausse de l’inflation, indiquant une stagflation potentielle dans les mois à venir. .
L’indice de confiance des consommateurs britanniques a chuté de 5 points à -31 en mars, la quatrième baisse consécutive en 17 mois.
L’indice de confiance des consommateurs britanniques est une mesure de la façon dont les gens perçoivent l’état de leurs finances personnelles et les perspectives économiques.
La stagflation brosse un tableau sombre pour l’économie au cours des prochains mois. L’inflation couplée à la stagnation (stagflation) fait référence à des périodes inhabituelles de ralentissement combinées à une hausse de l’inflation.
L’attaque russe contre l’Ukraine a provoqué un grave choc inflationniste en provoquant une hausse des prix à un moment où l’approvisionnement énergétique est menacé et où les revenus des ménages et des entreprises chutent, les prix des matières premières étant devenus plus chers.
En chiffres, les prix du pétrole ont augmenté de 60% cette année avec une moyenne de 107 dollars le baril. Le prix du baril s’élevait en avril 2021 à 66 dollars.
Quant aux prix des denrées alimentaires de base, l’Indice FAO des prix des produits alimentaires a augmenté de 33,6% en mars en rythme annuel, à 159,3 points, soit le plus haut niveau historique de l’indice depuis son lancement en 1990.

*Traduit de l’arabe par Hatem Kattou


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