Mieux préparés pour affronter le prochain coronavirus

Une équipe de chercheurs montréalais a réalisé une percée majeure qui permettrait le développement rapide d’un antiviral avant l’arrivée d’un vaccin si un prochain coronavirus menaçait de déclencher une nouvelle pandémie.

« Il faudra attendre [un prochain coronavirus], parce que les gens sont vaccinés maintenant, mais nous serons prêts avec un arsenal cette fois. Il vaut mieux être prêt que pris au dépourvu », déclare le Dr Nabil G. Seidah, chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).

Deux enzymes présentes dans l’organisme – la furine et le TMPRSS2 – servent à activer l’infection en permettant au virus de fusionner avec les membranes des poumons ou des voies respiratoires, par exemple.

Le rôle de la furine était déjà connu des scientifiques : plusieurs autres virus infectieux l’exploitent pour s’activer.

Ou, le Dr Seidah, avec le Dr Éric A. Cohen et une équipe de chercheurs ont découvert la fonction cruciale de TMPRSS2 dans l’infection. Ils ont publié un article à ce sujet il y a une semaine dans la prestigieuse revue scientifique Journal of Virology.

« Le satané virus, quand on bloque sa furine – avec un antiviral – ça se débrouille. Il a trouvé une autre enzyme pour l’aider. C’est comme boucher une seule narine du nez, l’air passe quand même. Il faut donc associer un médicament contre les deux [enzymes] pour vraiment empêcher ce virus d’infecter », résume le directeur de l’unité de recherche en biochimie neuroendocrinienne.

Pour le futur

Le COVID-19 n’est pas le premier coronavirus à apparaître. Ils sont déjà sept, dont trois peuvent être mortels. Le chercheur soutient que d’autres apparaîtront certainement dans le futur.

«[Notre découverte] est applicable à tous les coronavirus, car la cellule supérieure est attaquée, qui ne mute pas. On peut donc donner ces inhibiteurs – par un comprimé ou un spray nasal – aux patients jusqu’à l’arrivée d’un nouveau vaccin”, précise le Dr Seidah.

Le chercheur de renommée mondiale a ouvert les portes de ses laboratoires au Journal dans le cadre de la Journée mondiale de la santé, qui a lieu demain. Sur son bureau trône un modèle 3D de sa plus grande découverte professionnelle, datant de 2003 : l’enzyme PCSK9.

C’est le neuvième et dernier membre du groupe des proprotéines convertases, essentielles à l’activation des hormones dans notre corps, qui comprend également la furine et le TMPRSS2.

L’enzyme PCSK9 participe au métabolisme du cholestérol, donc le travail précurseur de Dr Seidah a ensuite aidé une société pharmaceutique à trouver un remède contre l’hypercholestérolémie en 2015.

Encore plus de projets

Agé de 73 ans, le médecin n’est pas à la veille de sa retraite. Il dit avoir encore pas mal de projets en tête : « Là, je m’intéresse à la septième des proprotéines. J’ai incubé des cellules humaines avec de l’huile d’olive. Ils accumulent de la graisse. Ensuite, je supprime PSK7 par une méthode et le gras [disparaît]”, il dit.

Ils mènent actuellement des essais sur des souris et si sa théorie se confirme, il aimerait développer, lui-même cette fois, un médicament qui préviendrait des pathologies comme la stéatose hépatique non alcoolique, “une épidémie silencieuse dans notre société”.

Originaire d’Egypte, le Dr Seidah s’est intéressé aux sciences dès l’âge de 4 ans à cause de sa grand-mère, qui souffrait de schizophrénie.

“Elle souffrait et à ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose pour elle”, se souvient-il, convenant avoir quelque peu dérivé de sa mission initiale.

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