Pfizer : “Calvaire”, “douleur atroce”, atteint du syndrome de Parsonage-Turner, ils s’interrogent sur le vaccin

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a établi un rapport en mars 2022 indiquant que le rôle du vaccin ne pouvait être exclu dans l’apparition du syndrome de Parsonage-Turner chez certaines personnes ayant reçu une ou plusieurs doses de Pfizer.

Paralysie, décharges électriques… des symptômes désagréables voire invalidants enregistrés chez certains patients ayant reçu le vaccin Pfizer, autrement dit “Comirnaty”. Les experts de l’ANSM ont réalisé une nouvelle analyse en mars 2022 des cas déclarés depuis le début de la vaccination suite au bilan réalisé dans le bilan publié le 24 septembre 2021. Au total, 43 cas de syndrome de Parsonage-Turner ont été rapportés dont 27 sur la période. En septembre 2021, l’ANSM mentionnait six cas.

Un nouveau « signal potentiel » de pharmacovigilance pour les vaccins à ARN messager : le syndrome de Parsonage-Turner (une douleur violente et soudaine à l’épaule suivie d’une éventuelle paralysie).

6 cas graves pour Pfizer et 2 cas pour Moderna ont été recensés.

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— Nicolas Berrod (@nicolasberrod) 24 septembre 2021

Nous avons donc donné la parole aux personnes récemment diagnostiquées de ce syndrome par un médecin, preuves médicales à l’appui. A noter que bon nombre de cas ont précisé ne pas être opposés à la vaccination contre le Covid.

Qu’est-ce que le syndrome de Parsonage-Turner ?

Appelé aussi névralgie amyotrophique, ce syndrome correspond à inflammation du plexus brachial, c’est-à-dire un groupe de nerfs, qui se situe entre l’épaule et la clavicule. Cette affection touche principalement les hommes vers l’âge de 40 ans.

Trois phases se succèdent : d’abord une phase inflammatoire provoquant de fortes douleurs à l’épaule, puis une diminution de la force musculaire et enfin une perte de masse musculaire.

Peut-on vraiment établir un lien de causalité avec le vaccin ?

Tous les cas signalés par l’ANSM ont été revus et analysés avec un neurologue expert. 18 sont restés sur le banc, faute d’éléments. Sur les 25 cas restants, 7 cas de syndrome de Parsonage-Turner sont survenus après la première dose, 14 après la deuxième dose et 4 après le rappel. Un cas rapporte notamment un syndrome de Parsonage-Turner controlatéral dans le bras vacciné. Cette nouvelle analyse confirme que le rôle du vaccin peut être remis en questiondétaille l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, qui nous évoque des “signaux potentiels”.

Une épreuve qui pourrit mon quotidien

* Élise, 62 ans et sans comorbidité, a reçu sa troisième injection de Pfizer à l’automne 2021. Elle témoigne. “Depuis septembre dernier, je souffre d’une douleur atroce à l’épaule droite. Au début, je n’ai pas fait le lien et j’ai pensé que j’avais fait un faux pas. Mon rhumatologue m’a alors dit que je pouvais avoir le syndrome de Parsonage-Turner et m’a recommandé que je porte un corset. Je me couche sur le côté et j’ai du mal à m’habiller. Je ne sais pas quoi faire”.

L’impact du symptôme Parsonage-Turner sur la vie quotidienne semble être très présent et difficile à gérer pour certains. *Anna, 30 ans, nous raconte sa difficulté à mettre ses chaussures ou encore… à agrafer une feuille. Elle est en arrêt de travail depuis deux semaines.

Tous les gestes sont douloureux

* Laurine a reçu sa deuxième dose de Pfizer en mai 2021. Elle nous explique qu’elle se sent “douleurs lancinantes la nuit» et regrette que ses séances de kinésithérapie ne soient pas efficaces. Le syndrome de Parsonage-Turner la handicape au quotidien, notamment dans la pratique d’activités physiques et sportives. Une vraie frustration pour cette jeune femme qui a de l’énergie à revendre.

Chocs électriques non-stop, jour et nuit

Son témoignage est particulier. * Mégane souffre de neuropathie périphérique, une maladie qui implique un dysfonctionnement des neurones du système nerveux. A noter qu’elle n’a pas contracté cette maladie après avoir été vaccinée contre le coronavirus. En revanche, depuis son injection de Pfizer dans le bras droit en février 2021, elle dit ressentir les mêmes symptômes que ceux associés au syndrome de Parsonage-Turner. “Je suis intouchable… des décharges électriques tout le temps, jour et nuit… J’ai l’impression d’être mis à l’écart. De plus, mon omoplate est descendue. “Elle nous a remis une photo et espérait qu’un médecin serait en mesure de l’aider et de poser un diagnostic précis.

L'omoplate droite de Mégane est plus basse que la gauche.

L’omoplate droite de Mégane est plus basse que la gauche.
RD

Pourtant pas opposés au vaccin, ils s’interrogent

Ces effets secondaires post-vaccinaux sèment le doute. “Je n’ai jamais été opposée au vaccin. Pourtant, il y a lieu de se poser des questions…” * Nathalie, 45 ans, de Montpellier, a reçu ses trois doses de vaccin. En très bonne santé et sportive, elle s’étonne d’être “très faible” depuis. “J’ai tout essayé acupuncture, ostéopathe… mais rien n’y fait”. L’inflammation de son épaule “gâche sa vie” pendant près d’un an. Pour elle comme pour les autres,la coïncidence est grande“. Elle ne peut pas croire que le vaccin n’a pas joué un rôle dans sa mésaventure.

Absence de suivi, minimisation de l’état de santé…

Vacciné par Pfizer en février 2021, * Renaud, médecin dans le Vaucluse, a perdu l’usage partiel de son épaule gauche – correspondant au site d’injection – après sa deuxième dose. Douleurs, perte de masse musculaire… avec son médecin, ils décident de déclarer ses symptômes à l’ANSM. Il a alors contacté le centre régional de pharmacovigilance de Marseille, qui n’a pu lui fournir aucune précision.

Enfin, en juillet 2021, un neurologue lui diagnostique une perte quasi totale d’activité musculaire au niveau du deltoïde et une Syndrome de Parsonage-Turner, en phase post-inflammatoire. Malheureusement, “il y a une forte probabilité que la masse musculaire ne revienne jamais”. Aujourd’hui, il regrette le manque de suivi des autorités sanitaires. Comme beaucoup, il aimerait y voir plus clair.

Alors, le vaccin et le syndrome de Parsonage-Turnet sont-ils vraiment liés ?

Site Internet MesVaccins temporise : « Globalement, le nombre d’effets indésirables suite à la vaccination est très faible par rapport au nombre très élevé de personnes vaccinées. La publication régulière des données de surveillance des effets indésirables post-vaccination est un gage de transparence. Un événement indésirable post-vaccinal n’est pas synonyme d’effet indésirable attribuable au vaccin, même si les deux termes sont souvent utilisés de manière interchangeable ».

Nous avons également interrogé plusieurs rhumatologues de la région de Montpellier qui s’accordent tous à dire que oui, des cas de syndrome de Parsonage-Turner ont été détectés chez leurs patients depuis le début de la campagne de vaccination contre le Covid, mais qu’il leur était impossible d’établir un lien direct avec son statut vaccinal, d’autant plus qu’il s’agit d’une donnée confidentielle que le patient n’est pas tenu de communiquer, sauf nécessité médicale.

Les principales causes de ce syndrome souvent retrouvées sont : un facteur infectieux (infection virale), les vaccins qui peuvent perturber le système immunitairetatouages ​​à bactéries ou encore grand stress”, révèle le Dr Gilles Mondoloni à Journal des femmesmédecin du sport et ostéopathe à Paris.

Comment traite-t-on le syndrome de Parsonage-Turner?

La seule façon de se débarrasser de ces douleurs est de prendre des antalgiques et des corticoïdes pendant les phases aiguës, pour calmer la douleur. Néanmoins, si ces douleurs persistent et vous handicapent au quotidien, il est conseillé de consulter un kinésithérapeute, qui rééduquera cette partie du corps.

Ces douleurs s’estompent spontanément dans un délai variable selon les cas (d’une semaine à plusieurs années), mais le risque de récidive et de séquelles motrices existe selon les cas. AlloDocteur.

A noter que les professionnels de santé ou les personnes vaccinées peuvent signaler sur le site signalisation.social-sante.gouv.fr/ tout effet indésirable immédiat ou différé après la vaccination. la formulaire sera adapté pour collecter des données supplémentaires liées au vaccin lors de la notification des effets indésirables.

Tous les noms ont été changés

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