Test de Persona 4 Arena Ultimax

Aussi étrange que cela puisse paraître, la courte série Persona, elle-même un spin-off de la Megami Tensei, a plus de retombées que d’épisodes principaux. Cette prolifération a donné naissance à des jeux de genres très différents, allant du musou typé beat’em up, aux jeux de rythme, confirmant la mise en place d’une licence ayant parfois plus de poids que certains de ses aînés. En 2012, Atlus s’est lancé dans le jeu de combat, avec Persona 4 Arena, qui produirait régulièrement des critiques jusqu’à récemment avec la sortie de Persona 4 Arena Ultimax sur Nintendo Switch.

Un jeu de combat plutôt verbeux

Persona 4 Arena Ultimax est un jeu de combat édité par Atlus, dont les événements suivent Persona 4 Arena, qui lui-même suit Persona 4. Vous suivez ? Suite à la mutation du genre pour s’orienter vers les consoles de salon, le jeu de combat s’est vu contraint de proposer des expériences solo toujours plus conséquentes. Ainsi, Persona 4 Arena Ultimax dispose de deux principaux modes solo : le P4A Story Mode, qui reprend le scénario de Persona 4 Arena et le mode Episode P4, nouveau sur cette version. Dans le premier, l’histoire se déroule quelques mois après les événements de Persona 4, lorsque Yu Narukami revient à Inaba pour la Golden Week, alors que, au même moment, la chaîne de minuit, qui avait été liée aux meurtres d’une dizaine de personnes qui y étaient enfermés, se remet selon les dernières rumeurs pour publier une émission annonçant un tournoi gigantesque. L’équipe de limiers, qui pensait pouvoir fêter les retrouvailles avec leur camarade, va une nouvelle fois devoir enquêter.

C’est sûr, on est loin du niveau de ce que la série pouvait proposer, mais on prend plaisir à retrouver ces personnages si charismatiques et cette ambiance de franche camaraderie qui faisait le sel de chacune des Persona. Les phases de dialogues sont truffées de références destinées aux fans, mais que les novices se rassurent, la tendance verbeuse chère aux jeux Atlus ne s’est pas estompée, et chaque terme, personnage, élément scénaristique est expliqué dans des dialogues qui peuvent sembler interminables. . Les textes sont en français, et vu la quantité on ne peut que saluer l’effort, même si le vocabulaire de certains personnages, un peu décalé, peut surprendre.

Accessible… mais pas trop

C’est vrai qu’Atlus a, un temps, été connu pour donner vie à la série Power Instinct, le jeu de combat de référence des années 90, mais cette fois-ci le travail sur la partie battante de Persona 4 Arena a été confié à Arc System Works . On a affaire à un gameplay à quatre boutons : deux pour les attaques classiques, et deux pour la Persona de notre personnage. Persona, qui, s’il subit des dégâts, peut disparaître un moment, rendant l’offensive adverse beaucoup moins efficace. En alternant les différentes attaques, il est possible de réaliser des combos, avec un délai suffisamment important pour être facilement accessible. Là où ça devient délicat, c’est quand on nous demande de combiner plusieurs appuis sur des boutons pour déclencher des actions, comme une saisie ou des annulations (annuler la fin de l’animation d’une attaque pour en lancer une autre). La liste est très longue et la configuration des contrôleurs actuels n’y est pas du tout adaptée. Il faut donc jouer les contorsionnistes pour espérer réaliser des actions pourtant indispensables si l’on souhaite éviter de finir dans un punching-ball. Le nombre d’éléments à maîtriser est astronomique, et même en passant par l’excellent tutoriel et les défis, censés vous aider à comprendre la plupart des mouvements, cela ne suffira pas à vous sortir du syndrome de la tourette du jeu vidéo, qui consiste à d’appuyer sur des boutons aléatoires dans l’espoir de faire mouche.

Au bout de quelques heures, on finit par sortir quelques séquences bien pensées sans même y penser, mais la courbe d’apprentissage est redoutable. Persona 4 Arena Ultimax est typique de l’âge d’or d’Arc System en reprenant des éléments de la plupart des licences phares (comme EX Move de Darkstalkers et Super Cancel de King of Fighters) pour provoquer des séquences à outrance, le tout agrémenté d’un système qui incite affrontements en infligeant un malus aux joueurs qui préfèrent fuir. Cerise sur le gâteau, ce sont les remaniements d’état, déjà présents dans le Megami Tensei, qui bousculent un peu les codes des jeux de combat, établissant de nouvelles directives sur la stratégie à suivre. Cependant, à force d’ajouter des éléments de gameplay, de surcharger l’écran via l’interface et les attaques échangées lors des combats, le novice aura des raisons de se décourager. Une séquence automatique est mise à sa disposition, mais on est vite perdu quand on voit le nombre de composants qu’il faut maîtriser afin de monter en compétences.

Contenu en pagaille

Côté contenu, en plus des deux modes scénarisés, on retrouve un mode entraînement, un mode arcade plus classique, mais aussi un mode en ligne. Atlus avait annoncé avoir mis en place un netcode rollback pour tous les médias… Sauf la Switch. Et pourtant, compte tenu de ses performances médiocres dans le domaine de la connexion sans fil, le rollback aurait pu en partie compenser cet état de fait. Sans surprise, nous nous retrouvons régulièrement avec des retards insupportables et des déconnexions qui ne nous incitent pas à investir dans ce domaine. Heureusement, le hub 3D pour les sessions en ligne des versions précédentes a été abandonné au profit d’une interface plus sobre. La sortie de Persona 4 Arena Ultimax rassemble tous les contenus supplémentaires qui étaient sortis sur les supports précédents. Le roster voit l’arrivée d’Adachi, Marie et Margareth, de nouveaux ajouts qui complètent une sélection déjà conséquente de personnages (avec des gameplays différents). Cette version est également basée sur la version 2.50 sortie dans les arcades japonaises en 2015, qui rééquilibrait le jeu et améliorait la lisibilité de l’action, proposant alors un replay par rapport à la PlayStation 3 et la Xbox 360.

Des graphismes qui n’ont (presque) pas vieilli

Si le gameplay convainc, le constat est plus mitigé pour la partie graphique de Persona 4 Arena Ultimax. Malgré le niveau de détail des décors et le charme indéniable des sprites, on peut déplorer les animations, ou plutôt le manque d’animations des personnages qui ne rendent pas hommage aux sublimes portraits que l’on peut apercevoir lors des phases de discussion, ni même aux les séquences animées qui rythment l’aventure. Seuls les effets ajoutent un peu de dynamisme, malheureusement au détriment d’une lisibilité optimale. La musique est du même niveau que celle de Persona 4 (même tout ce qu’Atsushi Kitajoh et Shoji Meguro ont pu composer), c’est-à-dire de très haut niveau. Le contraste entre les thèmes des niveaux et des personnages, et les thèmes que l’on entend lors des phases de discussion dénotent une maîtrise du sujet et le soin apporté à ce qui aurait pu être traité comme un simple spin-off.


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