Vaccination des femmes enceintes contre co…

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Quelques rappels sur la coqueluche et sa prévention par la vaccination

Le coqueluche est une infection hautement contagieuse des voies respiratoires. Cette maladie est grave, parfois mortelle, chez les nourrissons. Il existe une vaccination efficace, mais celle-ci ne peut être commencée avant l’âge de 8 semaines ; avant l’âge de trois mois, les nourrissons vaccinés ne sont que partiellement protégés par la vaccination. En France, plus de 90 % des décès par coqueluche surviennent chez les nouveau-nés et les enfants de moins de six mois. Les parents (en particulier la mère) et les frères et sœurs sont les principales sources de contamination des nourrissons. La vaccination de l’entourage (“cocooning”) est un moyen de les protéger, mais cette recommandation n’est pas suffisamment appliquée.

Vaccins contre la coqueluche

La liste des vaccins contre la coqueluche peut être vu ici ; les vaccins disponibles en France sont tous associés à d’autres vaccins, notamment les anatoxines diphtérique et tétanique, ou le vaccin contre la poliomyélite, Haemophilus influenzae de type b ou hépatite B. On distingue les formulations pédiatriques, contenant une dose complète ou standard d’antigène et utilisées notamment pour la primovaccination des nourrissons, et les formulations contenant une dose réduite d’antigène, utilisées pour les rappels chez les nourrissons. enfants plus âgés, adolescents et adultes, la teneur réduite en antigène permettant de diminuer le risque de réaction inflammatoire locale.

Le contenu de ces vaccins combinés est représenté par des valences désignées par les abréviations suivantes :

  • D : dose standard d’anatoxine diphtérique ;
  • d : dose réduite d’anatoxine diphtérique ;
  • T : anatoxine tétanique (quelle que soit la quantité d’antigène) ;
  • P : vaccin trivalent (poliovirus 1, 2 et 3) inactivé contre la poliomyélite ;
  • Ca : dose standard de vaccin acellulaire contre la coqueluche (par opposition au vaccin entier inactivé qui n’est plus utilisé en France actuellement) ;
  • ca : dose réduite de vaccin anticoquelucheux acellulaire.

En France, la seule formulation disponible pour vacciner les adultes (celle contenant des doses réduites d’antigène) est quadrivalente, désignée par l’abréviation « dTcaP » (diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite). Il existe deux vaccins commercialisés correspondant au vaccin dTcaP : le vaccin BOOSTRIXTETRA et le vaccin REPEVAX.

Dans les autres pays européens et aux États-Unis, il existe une forme combinée trivalente « dTP » ou « Tdap » en anglais (pour Tétanos-diphtérie-coqueluche acellulaire), disponible sous plusieurs marques (ADACEL, BOOSTAGEN, BOOSTRIX, COVAXIS, TDAPBOOSTER, TRIAXE).

Nouvelle recommandation : vaccination des femmes enceintes

Les données publiées sur l’immunogénicité soutiennent une réponse immunitaire satisfaisante chez les femmes enceintes. Les anticorps anticoquelucheux sont transférés au fœtus par le placenta, permettant ainsi de protéger le nouveau-né et le jeune nourrisson encore trop jeune pour être vacciné.

Un effet inhibiteur des anticorps maternels sur la production d’anticorps par le système immunitaire du nourrisson, appelé effet « émoussant », a été décrit pour les vaccins contre la coqueluche et la diphtérie. Cependant, cet effet n’a en pratique aucun impact sur la protection contre la coqueluche et la diphtérie des enfants vaccinés ultérieurement.

Les données d’efficacité en vie réelle de la vaccination des femmes enceintes ont confirmé son efficacité, avec une réduction du nombre de cas, du nombre d’hospitalisations et de la mortalité par coqueluche chez les enfants âgés de zéro à deux mois. Par rapport à la vaccination des proches, la vaccination pendant la grossesse a montré une meilleure efficacité vaccinale dans la vie réelle pour protéger le nourrisson avant sa propre vaccination.

La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande donc vacciner les femmes enceintes contre la coqueluche dès le deuxième trimestre de grossesse, privilégiant la période entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée (c’est-à-dire entre le début de la 5e mois et la fin du 8e mois de grossesse). Cette stratégie permet d’augmenter le transfert transplacentaire passif des anticorps maternels contre la coqueluche et d’assurer une protection optimale du nouveau-né.

La vaccination contre la coqueluche doit être faite à chaque grossesseafin de s’assurer qu’une quantité suffisante d’anticorps est transmise au futur nouveau-né.

Les précisions suivantes sont apportées :

  • La vaccination pendant la grossesse peut se faire avec un vaccin trivalent (dTca) ou tétravalent (dTcaP) : BOOSTRIXTETRA ou alors REPEVAX), selon disponibilité (les vaccins trivalents Tdap ne sont pas disponibles actuellement en France) ;
  • Dans tous les cas, un délai minimum d’un mois doit être respecté par rapport au dernier vaccin dTP (REVAXIS) ;
  • La vaccination contre la coqueluche peut être réalisée en même temps que la vaccination contre grippe saisonnière ou la covid 19 ; cependant, alors que la vaccination contre la coqueluche doit être effectuée de préférence au cours du deuxième ou du troisième trimestre de la grossesse, les vaccinations contre le covid 19 et la grippe doivent être effectuées le plus tôt possible pendant la grossesse ;
  • lorsque la mère a été vaccinée pendant sa grossesse et qu’au moins un mois s’est écoulé entre la vaccination et l’accouchement, il n’est plus nécessaire de vacciner les proches du bébé.

En l’absence de vaccination des femmes enceintes pendant la grossesse, la vaccination est recommandée :

  • Pour la mère immédiatement après l’accouchement (post-partum immédiat)avant de quitter la maternité, même si elle allaite, conformément à la stratégie actuelle de cocooning.
  • Pour ceux qui entourent le nouveau-né (parents, fratrie, grands-parents et autres personnes susceptibles d’être en contact étroit et durable avec le futur nourrisson pendant ses six premiers mois) au plus tard à la naissance de l’enfant, conformément aux recommandations précédentes.

Cette nouvelle recommandation a été intégrée au système d’aide à la décision vaccinale de MesVaccins et au carnet électronique de vaccination (Figure 1).

Figure 1 : Affichage des recommandations vaccinales personnalisées dans le carnet de vaccination électronique MesVaccins.net pour une femme enceinte de 28 ans.

Référence


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